Royaume de sainte-Croix


 
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 AFFAIRE NERON: procès

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avatarDuc Leto
MessageSujet: AFFAIRE NERON: procès   Ven 7 Oct - 23:16

Monsieur le Président Robinson,

Dans la perspective d'une réhabilitation de mon client devant l'Histoire, je dépose au tribunal les demandes suivantes afin que la cour puisse en prendre connaissance :

Je demande que mon client soit lavé des accusations suivantes :

- Meurtre de Britannicus
- Meurtre de sa mère Agrippine
- Incendie de Rome

Je demande que les charges suivantes soient réévaluées afin de constater qu'il n'est pas responsable de :

- Meurtres de ses opposants politiques
- Meurtres de milliers de chrétiens

Je demande que soit reconnu les oeuvres majeurs de son règne :

- Extention de la démocratie
- Indépendance de la Grèce
- Pacification de l'Empire
- Développement des arts et de la culture.

Je remercie la cour de bien vouloir considérer ces demandes...



"Avant tout, un chef doit être un homme de spectacle qui donne à ses gens le pain et les jeux qu'ils demandent."
Duc Paulus Atréides
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Jehol Konmael
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Lun 10 Oct - 17:41

Monsieur le Président Robinson

S'il sied au Tribunal d'accepter que je tienne le rôle de l'accusation contre la réhabilitation du sieur NERON au regard de l'Histoire , j'en serais honoré.

Il va de soi que ce n'est pas un procès entre deux ducs , mais entre 2 porte-parole sur un dossier instruit pour la défense au nom d'un client; et pour l'accusation au nom du peuple romain, mais aussi au nom de la chrétienté naissante, tous les deux victimes dans cette affaire.
Je représenterai donc les deux au procès

Je remercie la cour de bien vouloir accepter ma représentation.
Duc Jehol Du Pont de l'Aven


Je meurs où je m'attache


Dernière édition par Jehol du Pont de l'Aven le Mar 11 Oct - 18:09, édité 1 fois
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Robinson
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Lun 10 Oct - 21:46

J'ai lu attentivement les posts concernant cette affaire. J'ai donc décidé d'ouvrir le procès. Le Duc Jehol aura le rôle du procureur, et Le Duc Leto sera l'avocat de la défense. Je prendrais la liberté de me passer de mes assesseurs, le manque de personnel aidant. je vais alerter les trois jurés qui devrons délibérer à l'issue de ce procés. L'ouverture du procès sera le mercredi 12 Octobre à 13h00. Je vous invite donc à la préparation de vos dossiers. Et demanderais au Duc Leto une participation au frais de fonctionnement de la cour d'un montant de 120 écus. Le procureur étant un chargé de l'état se verra reverser 30 écus.
je vous demanderais de me MP les heures auquelles vous serez disposés ce mercredi, afin d'opérer les transactions.
Duc Leto, vous êtes en droit de réclamer des honoraires à votre "client" donc, pour sa défense. (méfiez-vous, il paye en sesterces :D )
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avatarDuc Leto
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mar 11 Oct - 0:34

Je me vois donc contraint de demander à la cour, en plus de la réhabilitation de mon client, une somme de 200 écus pour la construction d'un musée à la gloire de l'époque romaine, à laquelle notre civilisation doit tant, ainsi que 120 euros de frais de dossiers en cas de victoire au cours de ce procès. Je souligne, Monsieur le Président, que dans cette affaire, la défense ne travaille que pour qu'éclate la vérité.

Point technique : Les deux assesseurs et vous même êtes le jury. Point n'est besoin d'en nommer d'autres.


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Robinson
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mar 11 Oct - 0:57

La cour ayant de faibles moyens, ne pourra accéder à votre demande concernant la construction d'un musée. cela dit, Duc leto, vous êtes pair du Royaume, à ce titre, vous pourrez lors de la prochaine réunion de la table ronde faire une requête. le Roi et le pairs du royaume vous aideront certainement à trouver un arrangement. Le tribunal n'est pas un mécène auquel l'on peut soutirer quelque argent même pour de nobles causes.
Quand à votre demande de frais de dossier, je ne peux non plus y accéder pour deux raisons. La première, les euros (il est question d'euros dans votre message) n'ont pas cours ici. La seconde, c'est à votre demande que ce procès est ouvert, libre à vous de ne pas ouvrir ce dossier. Si vous tenez à faire éclater la vérité, il vous appartient de le faire avec vos propres deniers ou de mettre à contribution votre client.
Je ne suis pas historien et aborde ce dossier avec une neutralité désarmante. J'applique le droit pragmatique en attendant que s'instaure un règlement et un protocole dans ce tribunal. Je veux croire que vous n'y verrez rien de personnel.
Je vous souhaite une bonne préparation concernant votre dossier.


Dernière édition par Robinson le Mer 12 Oct - 22:24, édité 1 fois
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avatarDuc Leto
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mar 11 Oct - 1:17

Soyez assuré que je n'y vois rien de personnel.
Mais je crois qu'effectivement, il nous faudra rédiger certaines règles concernant la justice, afin de la rendre équitable et accessible à tous...

Que le tribunal exige une forte somme d'argent pour fonctionner, cela n'est pas scandaleux, en soit. Que le plaignant paie des honoraires à son avocat, cela est également logique.
Mais il est d'usage de rembourser les frais lorsque le plaignant l'emporte.
Les frais sont dans ce cas à la charge de la partie adverse, et lorsque la partie adverserve est insolvable, c'est un fond de solidarité à la charge de l'état qui y supplée.

Dans notre cas, il serait injuste que Jehol doive payer en cas de défaite, dans la mesure, où il tente de défendre le Ministère public. Mais il est également injuste que la vérité ne puisse s'établir que contre une somme d'argent versé par le demandeur.

Ne souhaitant pas retarder le procès, je m'en remets à vos règles, pour l'instant. Mais je déposerai un projet de loi visant à les faire évoluer.

Il srait également nécessaire que notre communauté se dote rapidement d'un gouvernement. Nos membres sont de plus en plus nombreux, et il conviendra bientôt de pouvoir définir avec précision "qui fait quoi ? "

Je vous laisse, cher ami. Il est temps que je retourne retrouver mon lit, et que je cesse de frapper sur mon clavier. Je ne voudrai pas déranger le sommeil de l'invitée qui repose dans les appartements réservés aux hôtes de marques de Castel Caladan.

Votre dévoué,

Léto Atréides


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Jehol Konmael
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mar 11 Oct - 18:07

Monsieur le Président

Je sollicite, comme il se doit, l'honneur de prendre la parole en premier pour établir les bases de mon acte d'accusation et établir les fait qui seront discutés.
Il est évident Monsieur le Président je le laisserai les derniers mots de conclusion à la défense selon les traditions judiciaires et ne reprendrai pas la parole.
Ainsi à la fin de notre débat, sur votre invitation , ou à mon initiative de Procureur , je déposerai mes conclusions définitives et laisserai la parole à la défense pour ses propres conclusions
Le Duc Jehol procureur


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Robinson
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mar 11 Oct - 20:58

A Jehol Konmael,
Nous vous entendrons dès l'ouverture du procès qui aura lieu mercredi 12 oct, à 13h00. Vous avez le rôle du procureur, c'est à ce titre que vous aurez la primeur.

A Leto Astréides,
Deux points importants: Si vous emportez le procès, il vous sera remboursé vos frais. La sommes que je vous demande d'engager est en relation avec vos possibilités de l'honorer. Elle va servir à indemniser le procureur en cas de victoire. Les jurés seront indemnisés quelque soit le résultat.
Après cela nous établirons des règles de conduites et de fonctionnement pour la justice.
Vous êtes Pair de ce royaume, je veux croire que la noblesse de vos valeurs ne se désarme pas pour quelques pièces. Je suis votre serviteur pour ce procès. Bien à vous.
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Robinson
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 13:12

Il est 13h00, la cour ouvre le procès de l'affaire de Néron/la légende à la demande du Duc Leto, Duc de la Maison des Astérides qui souhaite laver son client des accusations suivantes:
- Meurtre de Britannicus
- Meurtre de sa mère Agrippine
- Incendie de Rome

Le procureur, Jehol du Pont de l'Aven, Duc de Bretagne présentera dès que possible l'instruction du dossier et les faits qui sont reprochés à Néron.
je tiendrais le rôle de Président de la cour et j'ai nommé deux assesseurs Ducan Idaho, et Kargl afin de délibérer et de conclure au verdict. Si toutefois l'un d'eux ne devait pas convenir à l'une ou l'autre des parties, je vous demanderais de m'en faire part avant l'introduction de Monsieur le procureur.
En cas d'acceptation de la cour dans sa totalité, la parole est à Monsieur de le procureur:
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Jehol Konmael
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 13:13

Merci Monsieur le Président.

Monsieur le Président
Messieurs les assesseurs

Je ne récuse personne Monsieur le Président et j'attends de la qualité du Tribunal qu'il argumente avec précision et à partir des éléments que l'accusation et la défense produiront, l'avis que le Tribunal prononcera, sans aller chercher des argumentations extérieures non évoquées au tribunal. Il va de soi, en contrepartie que je me prêterai à toute demande de précision ou d'avis qu'il plaira au Tribunal de me demander si mes propos ne lui paraissent pas clairs

***

Quand l’histoire balbutie on trouve toujours de bonnes âmes pour lui faire réciter son Credo

Avec Néron l’Histoire à balbutié.

Comment en effet trouver la moindre excuse à cet histrion qui s'exhibait en jupette dans les théâtres, gambettes à l'air, après avoir trucidé son frère, sa mère et deux de ses épouses ? Car c’est ainsi que les préjugés sur l’incendiaire qui avait bouté le feu à sa ville puis avait, persécuteur démoniaque, fait porter le chapeau à de pauvres chrétiens, plus innocents que l'agnelet naissant, persistent dans la mémoire populaire d’une Histoire présentée comme une fable .

Alors Monsieur le Président si le Duc Léto envisageait de réhabiliter une caricature la tâche pour lui eût été bien facile. Mais il ne s’agit pas d’ absoudre un débauché qui, à peine débarbouillé du stupre d'orgies monstrueuses, avait consenti à devenir l'épouse soumise d'un de ses favoris avant de pousser le vice au paroxysme en convolant en justes noces avec un castrat à peine pubère.

Nous conviendrons d’admettre que les récits des historiens antiques qui ont fondé le dogme anti-néronien, ne constituent pas une documentation très "fiable".

Accorder une confiance aveugle à ces véritables pamphlets pour connaître le fin mot du règne de « « l'empereur-artiste » n’apporterait pas une démonstration pertinente

Alors Monsieur le Président ce procès ne doit pas être la réhabilitation de nos préjugés mais, si elle doit être, celle d’un homme, empereur de son état, et que nous devrons découvrir entre la thèse de « l’ histrion fou" de Daniel-Rops ou celle du « Saint Néron », cher à Jean-Charles Pichon qui en fait le premier empereur romain devenu Chrétien bien avant le Grand Constantin.

Il appartiendra donc à Monsieur le Duc de Leto de convaincre ce tribunal par des arguments suffisamment pertinents pour ne pas tomber a son tour dans le travers de thèses qui ne seraient que des vues de l’esprit , aussi condamnables que les théories inverses.

Afin de mieux connaître Néron intéressons nous à son identité familiale

Lucius Domitius Claudius Ahenobarbus nait le 15 décembre 37 ap JC a Antium de Gnæus Domitius Ahenobarbus et d’Agrippine la Jeune.

Sa généalogie est impressionnante puisque par sa mère il est le neveu de Caligula et un descendant direct des empereurs Auguste et Antoine. Faut-il tendre une oreille à un commentaire apocryphe qui prête à son père ce propos tendancieux : "d'Agrippine et de moi, seul un monstre peut naître !". Bien sûr que non ! Mais cette phrase souligne l’influence néfaste que ce couple peut faire peser sur l’éducation du jeune « Nero ». Un père dégénéré et une mère si ambitieuse de pouvoir que rien ne peut l’arrêter. Là encore ne lui fait-on pas dire aux oracles qui prédisent à cet enfant l’assassinat de sa mère : "Qu'il me tue, pourvu qu'il règne !".

Le lyrisme excessif ne doit pas cacher le contexte familial déplorable de cet enfant qui découvre la vie. Aggripine est une conspiratrice.

D’abord contre son frère Caligula qui l’exile en 39 et l’éloigne ainsi du jeune Nero qu’elle abandonne à peine ses 2 ans accomplis. Un an plus tard son père disparaît usé par une vie désœuvrée. Le petit Lucius est confié à la sœur de son père Domitia Lepida, qui n’est pas plus recommandable que le reste de la famille et qui abandonne son rejeton de neveu aux bons soins d'un coiffeur et d'un danseur.

Caligula le fou, décidément on peut s’interroger sur la génétique porteuse de démence de cette famille, est assassiné en 41. Lucius n’a que 4 ans quand son grand oncle du côté de sa mère, Claude , devient à son tour empereur. Bien sûr Aggripine va à nouveau conspirer contre comme elle l’avait fait contre Caligula. La conspiration est chez elle une seconde nature. Mais le
complot éventé elle s’arrange pour faire porter la responsabilité à sa sœur Julia Livella et à son amant le philosophe Sénèque qui sont exilés. C’est une première victoire pour Aggripine qui reste dans la place et se range en épousant Crispus Passienus.!!

Jusqu'en 49 ap. J.-C., on ne sait presque plus rien du petit Lucius. Il est probable que l'enfant quitta la maison de sa tante pour rejoindre sa mère dans son nouveau foyer et, à partir de ce moment, bénéficia d'une éducation princière : "Dans son enfance, il s'adonna à toutes les connaissances libérales, écrit Suétone. Mais sa mère le détourna de la philosophie parce qu'elle jugeait que cette discipline ne convenait pas à un homme appelé à gouverner l'Empire".

Claude est un être folâtre, trompé par Messaline, l’impératrice qui ne manquera pas de tomber dans un piège tendu par Aggripine et qui se suicide. La route devient libre vers le lit du tonton mais pour cela il faut éviter le crime d’inceste. Qu’à cela ne tienne, les sénateurs lui concocteront une loi permettant le mariage entre oncle et nièce.

En janvier 50 elle épouse Claude qui le 25Février, adopte Lucius Domitius Ahenobarbus qui devient Tiberius Claudius Nero . En mars 51il revêt la toge virile. Il a 14 ans et est fiancé depuis 1an à Octavie la fille de Claude.

Cette longue histoire qui commence permet de planter le décor d’une éducation incertaine et d’un environnement adulte au mœurs dissolues, violentes et avec certitude démentes.

Pour terminer cette première présentation deux observations qui serviront plus tard :

1 - En 37 le Christ est mort en Palestine depuis 4 ans seulement . L’influence du Christianisme est totalement inexistante à Rome ou la ville est peuplée de juifs qui suivent l’ancien testament et non la doctrine naissante d’un jeune juif inconnu qui se dit fils de Dieu

2- Le philosophe Sénèque qui a existé dans l’entourage du jeune Lucius ne s’intéresse pas à un gamin trop jeune et qui ne peut avoir philosophé avec lui. En revanche il accumule de la haine quand, piégé par Aggripine, il lui doit son exil.

Deux faits qui seront déterminants pour la suite.


Mais avant de poursuivre je souhaiterai, Monsieur le Président, que vous donniez la parole à la défense pour que nous nous assurions que ces premiers propos, qui introduisent la suite, ne sont pas entachés d’erreur ou de contestation qui seraient préjudiciables à la suite de ma mise en accusation .



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avatarDuncan Idaho
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 13:45

J'ai lu, bel exercice. L'enfance malheureuse etc...
J'attend l’accusation à charge.


"Que la Monarchie Française soit utile ou même nécessaire, cela se prouve et ne convainc personne. Il faut d'abord qu'elle soit aimée"
Georges Bernanos
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avatarDuc Leto
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 15:29

Monsieur le Président, Messieurs les jurés, je viens d'entendre une fort belle histoire, nous comptant l'enfance du jeune Néron... Enfin, le début de son enfance.
Je souhaite que vous reteniez de ces propos, un fait majeur, sur lequel je ne peut qu'être d'accord avec Mr le Procureur : l'avidité d'Agrippine, la mère de Néron, qui n'avait, et qui n'aura jusqu'à sa mort, qu'une seule obsession : Le pouvoir... Un pouvoir pour lequel elle sera prête à tout, jusqu'au meurtre, jusqu'à l'inceste... J'imagine que Mr le Procureur vous développera ce sujet, et je m'en voudrai de lui voler ses effets... J'en ai tant d'autres en réserve.

Habilement, mon honorable adversaire, souhaite ne pas s'étendre sur les pamphlets antiques qui racontent l'histoire de mon client. Il se pare du manteau de la vertue, et de la cape de magnanimité... "Oui, nous dit-il, ces récits sont exagérés... Passons les sous silence..."

Et bien non, Monsieur le Président, tenons en compte, au contraire.

CAR TOUTE LA LEGENDE NOIRE DE NERON REPOSE D'ABORD SUR UN SEUL RECIT : CELUI DE SUETONE, la concierge de l'Empire, qui accumula les pires ragots et les plus affreuses hypothèses afin de salir la mémoire du Divin Néron.
Pourquoi ?
Simplement parce que Néron, victime d'un coup d'état, restait populaire aux yeux de son peuple. Au point que ses successeurs, Galba, Othon le Grand, et Vitélius, continuèrent d'appliquer la même politique (politique intelligente, on dirait aujourd'hui "de gauche", ou "humaniste", sur laquelle nous reviendrons).
Tous ces héritiers finirent assassinés, victimes d'une pseudo élite, dont finalement Vespanien portera les couleurs.
Or, ce sont les vainqueurs qui écrivent l'Histoire officielle. Et la vie des 12 Césars, que chaque lycéen a lu, est un ouvrage de commande, destiné à montrer combien Vespasien est un grand homme. Un livre de courtisan, comme ceux que l'on trouve dans nos librairie d'aujourdhui, et qui vantent ou détruisent avec la même mauvaise foi, tel ou tel homme politique, en fonction des besoins de l'intelligentia régnante.

Les historiens qui ont raconté ensuite l'histoire de Néron, se sont quasiment tous ensuite abreuvé à cette source. Et les romanciers ont continué... Et les cinéastes... Faisant de Néron un illuminé incarné par Peter Ustinov dans "quo vadis" ou un pervers sexuel dans "les folles nuits de Néron et Popée", film X qui continue de servir au peuple, l'image d'un Néron sadique, pervers et totalement alliéné.

Tacite parle de Néron.
Il est beaucoup moins prolixe que Suétone... Et sans doute plus honnête.
Et ses témoignages aujourd'hui, même défavorable à l'Empereur, permettent cependant d'instruire ce procès de façon beaucoup plus objective.

Mais je ne voudrai point abuser de la patience de mon cher contradicteur, et je lui rends la parole afin qu'il puisse accuser. Car jusque là, l'accusation est muette... A moins qu'avoir une famille dégénéré ne vous rende coupable par avance, ne vous programme génétiquement, comme semblait le penser un ancien candidat à la présidence de la république... :D


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Robinson
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 16:27

Pourrions-nous avoir un lien sur les écrits de Tacite à propos de Néron ?
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Jehol Konmael
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 19:10

Monsieur le Président

Pour répondre à votre demande vous trouverez ici http://bcs.fltr.ucl.ac.be/tac/annxii.htmlle livre XII des annales qui évoque la période de Néron. La période complète est couverte par les livres XI et XII
Je n'emprunterai pas à ce document que mon adversaire a habilement présenté comme "un peu plus honnête "que celui de Suétone dont tout le monde sait qu'il ne le fut pas.


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avatarDuc Leto
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 19:14



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Jehol Konmael
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 20:35

Monsieur le Président

Contrairement à ce que laisse supposer la défense du Duc Leto je ne fais pas procès en génétique mais plutôt procès en socio-psychologie. Il est clair que Néron est environné par le crime permanent. Il vit quotidiennement au milieu des complots et n’élève plus aucune barrière morale à leur réalisation. Néron n’est pas déjà fou mais il supporte le sang et la violence comme un comportement normal

Quand il monte sur le trône, Néron n’a que dix-sept ans. Il règne, mais ne gouverne pas ; le pouvoir est tout entier aux mains de sa mère Agrippine. Occasionnellement, histoire de ne pas heurter leur susceptibilité masculine, la mère de l'empereur demande quand même quelques petits conseils à ses amis très chers, le philosophe Sénèque et le Préfet du Prétoire Burrus…

Il faut que Néron occupe ses journées alors il parcourait les rues de la ville, les lieux de débauche, les tavernes, déguisé en esclave, et accompagné de gens qui pillaient les marchandises et blessaient les passants. On le reconnaissait si peu, que lui-même recevait des coups dont il porta les marques au visage. Quand on sut que l'auteur de ces violences était César, les outrages se multiplièrent contre les hommes et les femmes du premier rang. Une fois la licence autorisée par le nom du prince, d'autres commirent impunément, avec leurs bandes, de semblables excès, et Rome offrait chaque nuit l'image d'une ville prise. Julius Montanus, de l’ordre sénatorial, mais qui n'était pas encore parvenu aux honneurs, rencontra Néron dans les ténèbres, et repoussa vivement son attaque; il le reconnut ensuite, fit des excuses qu'on prit pour des reproches, et fut contraint de se tuer. Néron cependant, devenu plus timide, s'entoura de soldats et de gladiateurs. Tant que la lutte n'était pas trop violente, ils la traitaient comme une querelle privée et laissaient faire; si la résistance était un peu vigoureuse, ils interposaient leurs armes. La licence du théâtre et les cabales en faveur des histrions furent aussi encouragées par l'impunité et les récompenses: Néron en fit presque des combats, dont il jouissait sans être vu, et que plus souvent encore il contemplait publiquement. Enfin la discorde allumée parmi le peuple fit craindre de plus dangereux mouvements, et l'on ne trouva d'autre remède que de chasser les histrions d'Italie, et de placer de nouveau des soldats au théâtre.

Voilà qui démontre une propension à la violence comme on en connaît aujourd’hui dans les quartiers que l’on condamne. Même en 59 on ne peut considérer comme un héros celui qui commet ces fautes.

Tout cela nous amène à la mort de Britannicus son frère qu’Agrippine menace maintenant de soutenir contre Néron. La mort par empoissonnement lors d’un déjeuner pris en public, fait soutenir aux défenseurs de Néron qu’il est invraisemblable que Néron ait pu être aussi maladroit dans le crime. Maos ce n’est pas là un argument car l’habitude de voir mourir des gens autour de lui , lui fait facilement passer le pas de les commettre lui même.
Quand un crime est commis on s’interroge toujours sur la personne à qui il profite. Or il ne profite aucunement à Agrippine qui est assez rusée pour n pas le commettre avec cette mise en scène digne d’un malade mentale. Au contraire Britannicus peut servir les chantages d’Agrippine contre Néron pour obtenir ce qu’elle veut.. Seul Néron a intérêt à la disparition de son frère qui est une menace. Alors tout laisse penser que cet homme qui peut décider à l’emporte pièce de supprimer les jeux du cirque au point d’être fortement impopulaire,, de remettre des taxes mais qui affaiblissent les patrons, n’agit pas pour le bien collectif mais pour satisfaire ses lubies. La mort de Britannicus n’est qu’une lubie et la manière est déjà une preuve de démence précoce.
Monsieur le Président on essaiera peut-être de vous faire croire qu’Agrippine est la responsable de se meurtre mais interrogez alors pour savoir dans quel but …quel intérêt servait-elle en se privant d’un moyen de pression sur Néron et en agissant au grand jour
Rechercher dans le meurtre au grand jour un argument disculpant Néron serait parfaitement transposable au meurtre fait par Agrippine. Mais déjà Néron se faisait voir dans les théâtres pour paraître, à la mi limite du ridicule , et l’assassinat de Britannicus entre dans une théâtralité parfaitement compatible avec les autres comportements de Néron

C’est pourquoi Monsieur le Président il vous sera impossible d’absoudre Néron de ce crime sans même que je recoure aux propos de Tacite, « un petit peu honnête » et qui a décrit avec force détail cet empoisonnement par Néron impatient de voir le poison faire son œuvre.

C’est le premier point de la réhabilitation que je demande au tribunal de rejeter


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avatarDuc Leto
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 21:20

Monsieur le Président, Messieurs les jurés,

Je n'en crois pas mes oreilles... Et pourtant, les pauvres, en ont entendues d'autres... Ailleurs...

On vous présente le jeune Néron sous les traits d'un débauché, d'un pervers... Si loin de la réalité historique.

Le jeune Empereur, donc, avec l'aide de ses précepteurs Sénéque et Burrus, fut dans les premières années de son règne, un véritable modèle.


Les cinq premières années du règne de Néron furent connues comme des exemples de bonne administration, suscitant même l'émission d'une série de pièces de monnaie célébrant le quinquennium Neronis.

Les affaires de l'empire étaient traitées avec efficacité et le Sénat bénéficiait d'une période d'influence renouvelée dans les affaires de l'État.
Sous l'influence de Sénèque, Néron avait ouvert l'accés au Sénat à des membres de la société civile, qui n'avaient pas les moyens de siéger, en créant l'ancêtre de l'indemnité parlementaire, ce qui lui valut les foudres des vieux et riches patriciens, mais qui permis à la démocratie de retrouver un nouvel essort.

Les problèmes devaient pourtant bientôt surgir de la vie personnelle de Néron et de la course à l'influence croissante entre Agrippine et les deux conseillers. Tout le monde savait que Néron était déçu de son mariage et trompait Octavie. Il prit pour maîtresse Claudia Acte, une ancienne esclave, en 55. Agrippine tenta d'intervenir en faveur d'Octavie et exigea de son fils le renvoi d'Acte. Burrus et Sénèque, pour leur part, choisirent de soutenir leur protégé.

Néron résista à l'intervention de sa mère dans ses affaires personnelles. Son influence sur son fils diminuant, Agrippine se tourna vers un candidat au trône plus jeune. Britannicus, à treize ans, était toujours légalement mineur et sous la responsabilité de Néron, mais il approchait de l'âge de la majorité. Britannicus était un successeur possible de Néron et établir son influence sur lui pouvait renforcer la position d'Agrippine. Mais le jeune homme mourut brutalement avant le 12 février 55. La proclamation de sa majorité avait été prévue pour le 13 février. La coïncidence des dates laisse penser qu'il a été empoisonné. Burrus est suspecté d'avoir pris part au meurtre. Néron se révoltait de plus en plus contre l'emprise d'Agrippine, et il commençait à envisager le meurtre de sa propre mère. Il justifiait ses intentions en clamant qu'elle complotait contre lui. Le pouvoir d'Agrippine déclinait encore rapidement, tandis que Burrus et Sénèque devenaient les deux hommes les plus influents de Rome.

Mais arrettons nous un instant sur le meurtre en lui-même.

La mort de Britannicus survint vers le 12 février 55, à la veille de son quatorzième anniversaire durant lequel il aurait dû revêtir la toge virile, et aurait ainsi pu revendiquer le pouvoir qui était alors aux mains de Néron, empereur depuis octobre 54. Lors d'un banquet, une boisson chaude, goûtée par un esclave, est servie à Britannicus. Cependant la trouvant trop chaude, il demande qu'elle soit refroidie. On ajoute alors à la boisson de l'eau froide, qui contient le poison, et elle lui est alors présentée sans avoir été goûtée à nouveau. Britannicus boit le breuvage, et tombe alors raide mort, foudroyé par le poison.

Une explication avancée pour expliquer la mort foudroyante de Britannicus est l'épilepsie, une maladie connue de l'Antiquité romaine. L'historien Pierre Grimal avance que Claude, le père de Britannicus, était vraisemblablement atteint de ce mal. La maladie de Britannicus aurait été connue de toute la cour impériale. Une violente crise d'épilepsie aurait ainsi pu provoquer une rupture d'anévrisme. C'est d'ailleurs l'épilepsie qu'invoque Néron pour justifier sa placidité lors de l'instant fatal.

Si l'on s'en tient à l'hypothèse de l'empoisonnement, l'efficacité réelle du poison ingéré par Britannicus est le point le plus discuté de l'affaire. Selon Georges Roux, dans son Néron (Fayard, 1962), deux poisons tuent instantanément : le curare et l'acide prussique. Le premier doit être injecté, quant au second, il ne sera mis au point qu'en 1782 par des procédés chimiques très complexes. Les Romains ne connaissaient aucun poison assez puissant pour provoquer une mort instantanée.

Les poisons mortels connus dans l'Antiquité sont la ciguë, la muscarine, l'aconit et la belladone. Ils mettent en général entre six et huit heures pour tuer, et il faut au minimum deux heures pour que le plus puissant d'entre eux agisse. On estime toutefois que les anciens Athéniens déjà utilisaient un mélange de poisons (par exemple lors de la mort de Socrate) pour en augmenter les effets.

Tacite rapporte que sur le cadavre de Britannicus apparaissaient des taches noires. Or, la muscarine laisse des marques violettes et la belladone des plaques rouges, les autres ne laissent pas de marques cutanées. Il y a donc deux possibilités, soit les historiens ont exagéré les faits, soit Britannicus n'est pas mort assassiné. S'il n'est pas mort assassiné, il est peut-être mort d'une rupture d'anévrisme à la suite d'une violente crise d'épilepsie.

Même si Britannicus est mort assassiné, la question de l'implication de Néron dans le meurtre reste posée. En effet, Néron est à l'origine de nombreuses exécutions. Parmi elles, seule celle de Britannicus relève d'un empoisonnement. Toutes les autres sont des exécutions par le glaive ou des « invitations au suicide ». L'empoisonnement est un procédé en majorité utilisé par les femmes et Agrippine aurait pu y recourir pour que Néron, son fils, n'ait plus d'opposant.

Cela n'accuse en aucune manière Agrippine, bien qu'elle ait déjà empoisonné l'Empereur Claude. Mais vous m'avouerez, Monsieur le Président, Messieurs les jurés, que Néron ne peut objectivement être reconnu coupable de ce meurtre.

Je vous demanderai donc de rejeter ce premier chef d'accusation lors de vos délibérations.






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Robinson
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 22:53

Avons nous des écrits sur Néron, autres que ceux des historiens appartenant à la classe sénatoriale ? Néron s'étant attaqué à eux afin de réformer les institutions, je voudrais entendre un témoignage plus contradictoire. non pas que je repousse les déclarations de la défense, elles sont très instructives, mais expliquent un contexte plus que des actes à proprement parlé.
Quand à Tacite, il faisait partie de la famille de l'ordre équestre, qui elle était un soutien inconditionnel à l'Empire. Son intérêt à défendre l'accusé est plus qu'évident. Il avait de plus une haine non dissimulée envers Agrippine. De plus, sa qualité d'historien impartial est très discutable. Mais là n'est pas mon rôle de préjuger de la qualité des témoins. je ne m'en tiendrais donc qu'aux faits.
C'est pour cela que je demande un autre témoignage qui serait moins empêtré dans une quelconque servitude.
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avatarDuc Leto
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 23:13

Monsieur le Président,

Concernant les témoignages de l'époque, hélas, nous n'avons que Suétone et Tacite.
Cela dit, aucun des deux n'était favorable à Néron.
Le premier servait aveuglément Vespanien qui lui avait commandé la vie des douze Césars, le second ne lui pardonnait pas les exécutions des sénateurs ayant eu lieu à la fin de son règne. Exécutions fortement condamnables, mais pour lesquelles j'ai des moyens de plaider l'indulgence, et que je n'ai pas retenu dans mon accusation de l'Histoire officielle.

Je puis cependant vous donner une liste d'historiens objectifs, bien que récents : George Roux (biographe de Néron et de Mussolini), Pierre Grimal, Eugen Cyzeck, et le trés controversé Hubert Montheillet, romancier historique qui écrivit le trés beau Néropolis, dans lequel, bien que chrétien, il accorde à l'Empereur de large circonstances atténuantes.

La romancière Hortense Dufour, enfin, raconte une vie de Néron qui se fonde sur les plus récents travaux historiques de cette périodes.

Je vous livre ici quelques extraits :

MOI, NERON
Hortense Dufour tente ici de dresser un portrait plus nuancé de Néron, homme illuminé et visionnaire que toute une tradition a eu tendance à caricaturer en la figure d'un fou sanguinaire. En s'appuyant sur les récents travaux des historiens, elle donne la parole à celui qui fut le plus jeune empereur de Rome dans un roman où Néron détient lui-même le pouvoir de dire "je". Elle retrace ainsi le parcours de ce petit-fils de Marc-Antoine né sous "les surprenants rayons du soleil" qui tentera de mettre en place un régime absolu tout en voulant révolutionner les mours austères de Rome, qui aura la volonté de régner seul, de se débarrasser d'Agrippine, mère trop manipulatrice et qui n'hésitera pas à faire tuer nombre de ses proches. Cet élève de Sénèque fasciné par les arts est aussi l'homme qui se prendra de passion pour une ancienne esclave, Actée. L'auteur raconte aussi l'incendie de Rome auquel assiste Néron en 64, un an avant sa mort où, victime d'un nouveau complot, il se suicidera à trente ans en s'écriant "quel artiste le monde va perdre". Hortense Dufour signe ici une biographie originale et donne à Néron un visage nouveau.

Ici, un lien donnant l'avis de l'historien Georges Roux, qui m'a donné l'envie d'en savoir plus...
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/racf_0035-0753_1963_num_2_1_1068_t1_0061_0000_2

NERON par Cyzeck

Cet ouvrage offre une vision toute en nuances de cet empereur à la mauvaise réputation en grande partie injustifiée. L'auteur travaille depuis de très nombreuses années sur Néron et il est d'ailleurs fort intéressant de constater qu'il revient dans ce livre sur certaines thèses qu'il avait soutenues dans son livre « l'époque de Néron », paru en 1972. C'est donc le livre d'un auteur scrupuleux, qui n'hésite pas à remettre en question certaines idées, en confrontant les sources et les ouvrages de ses confrères, ce que doit bien sûr faire tout historien sérieux qui se respecte.
Cependant la lecture n'en est pas toujours facile. En effet, il ne s'agit pas d'une biographie à proprement parler, mais d'une suite d'essais plus ou moins longs sur Néron certes, mais également sur son époque, sur les institutions, la société, les arts, etc. L'auteur donne l'impression de s'adresser à un public de spécialistes ou tout au moins à des lecteurs ayant une bonne connaissance de la Rome antique du 1er siècle après J.-C., ce qui peut-être parfois décourageant ou irritant. De plus l'éditeur ne facilite pas la tâche du néophyte, en n'offrant ni carte ni tableaux généalogiques. A chacun de se débrouiller...

Je conseillerai donc ce livre à des lecteurs ayant des connaissances préalables de la Rome antique et de ses institutions.

NEROPÖLIS (Montheillet). Trés contestable, mais nous reviendrons bien sur, sur l'incendie. Utile cependant, pour la description du visionaire...

Neropolis est le roman le plus historique qui soit, mais c'est aussi l'histoire la plus romancée de cette période romaine...
Néron est devenu Empereur de Rome, il aime Rome, ses fastes, sa puissance, ses possibilités. L'époque est troublée, le Christ est mort et ses disciples parcourent le pays afin de convertir un maximum de gens. Ils sont ennuyeux avec leur monothéisme à l'encontre des religions habituelles... et Néron veut faire de Rome la capitale du monde.
En plus de mille pages, Hubert Monteilhet nous montre la relation qui lie ces deux événements, la vision illuminée que Néron avait pour sa ville, Rome la Grande, et la montée du christianisme. Car s'il est un peu exagéré de prétendre que Néron était fou, il est vrai de le présenter comme la majorité des empereurs romains : complètement mégalomane ! Mais Néron est avant tout un visionnaire, il veut que Rome soit la plus belle et la plus moderne des villes d'Europe. Rome ! Il ne rêve que de cela, il ne pense qu'à transformer les rues, les maisons, les égoûts (he oui, déjà). Il veut faire de cet amalgame inepte de taudis une capitale digne de ce nom.
Comment faire, sinon en appliquant la "t abula rasa " chère aux romains. Bien sûr, cela conduira au grand incendie dont l'histoire nous a laissé des images : Néron, à moitié fou, jouant du violon en contemplant Rome calcinée. Monteilhet fait une mise au point, ce n'était pas un violon mais une lyre, il n'était pas fou, il voulait reconstruire une ville moderne ! Un empereur qui brûle sa propre ville, cela ne se peut ! Les chrétiens seront donc les boucs émissaires... et la boucle est bouclée.
Montelheit a réussi là un chef-d'oeuvre, c'était une dure gageure d'écrire un si long roman sur cette courte période d'histoire sans le rendre ennuyeux. Il a réussi ! Ce roman se dévore d'une page à l'autre, on est sublimé par la force et la richesse des détails, on est plongé dans cette Rome magnifique, on est partagé par la vision de ce Néron si mal connu, on vit cette époque troublée et troublante !
Si l'Histoire vous intéresse, vous aimerez le style et la description de Montelheit qui présente l'Histoire en marge d'elle-même.

Le procès NERON (Pierre Grimal), hélas parfois romancé pour les besoins de la vulgarisation.

Aucun empereur romain n'a été aussi sévèrement condamné par l'Histoire que le fils d'Agrippine, arrivé au pouvoir par la volonté de sa mère à l'âge de dix-sept ans, mort à trente et un ans.
Cette condamnation, que faut-il en penser ? À travers une série de documents hétérogènes, qui reposent tous sur des témoignages authentiques ( lettres, actes publics, fragments de journal intime, etc.) On découvre la suite des événements (remis à leur date par les commentaires d'un complice, le découvreur du " dossier ") et les mobiles vraisemblables, ainsi que les réactions des différents personnages, acteurs ou témoins.
Il devient alors possible de discerner la complexité du réel que le récit historique, dit " objectif ", masque sous une apparente simplicité. Qui est Néron ? Un monstre de perversité ? Un enfant aimant et sensible à la beauté du monde ? Un enfant meurtri, privé d'amour ? Un adolescent soumis à toutes tentations de son imagination ? Un provocateur défiant la morale et les lois, et en position de le faire ? Un criminel pur et simple ? Son talent pour la musique a-t-il joué un rôle dans le destin du monde ? Et ce monde, l'a-t-il changé ? Chacun des textes recueillis dans ce dossier, et dont aucun n'est entièrement imaginé reflète une facette de la réalité.
C'est au lecteur lui-même, et à lui seul, qu'il revient de se faire historien, de découvrir le vraisemblable, au-delà de la légende, d'imaginer des angles de vision possibles et de composer un personnage et un paysage qui ne seront qu'à lui. Peut-être se plaira-t-il à retrouver, à travers ces témoignages, quelques-uns des problèmes de notre temps, par exemple ceux que pose la répartition des richesses ou le rôle assignable à la pensée et à la sensibilité des hommes, à côté des mécanismes et des fatalités dont nous nous plaisons à feindre qu'ils enchaînent la liberté humaine.

Les deux ouvrages de références restant ceux de Roux et de Cyzeck...

Voilà, Monsieur le Président, Messieurs les jurés, les documents étudiés, qui, avec ceux de Tacite et de Suétone, nous permettrons d'y voir beaucoup plus clair.



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Dernière édition par Duc Leto le Mer 12 Oct - 23:24, édité 1 fois
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Robinson
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 23:20

Je vais prendre la journée de demain pour me documenter uniquement sur les liens et les noms que vous me soumettez (comme faisant partie des pièces du dossier). Il est impératif que je ne cherche pas plus loin que ce que vous présentez à la cour, plus mes connaissances (très limités) déjà acquises. Ce qui ne sera pas présenté à la cour, sera de fait inutilisé dans ce procès.
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avatarDuc Leto
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Mer 12 Oct - 23:25

Mon message avait été édité trop tôt suite à une erreur de manipulation. La suite est ajoutée, le message est complet...


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Jehol Konmael
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Jeu 13 Oct - 2:21

Monsieur le Président

Nous n’en sommes pas encore aux décisions finales et mon acte d’accusation est loin d’être terminé pour vous permettre de juger en toute connaissance de cause de l'inanité à mon sens d'une réhabilitation de Néron. Il me parait en effet nécessaire, Monsieur le Président, qu'après une répartie de la défense vous laissiez un seul droit de réponse au procureur (sauf cas exceptionnel), pour éviter des allers-retours excessifs. Il conclut alors pour sa part et laisse le dernier mot à la défense. Cette manière de procéder permet un juste échange entre les parties.

Ainsi votre question, Monsieur le Président, qui fait appel à des témoins attire une réponse alambiquée de la défense qui pour moi est claire . Il n’existe aucun texte autre que Tacite et Suétone et tous les cas cités par la défense ne sont que des convictions d'historiens et en aucun cas des preuves d'historiens
Alors tentons d’examiner les textes que nous avons pour y exhumer les parties qui paraissent réalistes , plutôt que des spéculations modernes non fondées sur des faits.

Les faits sont simples car ce n’est pas la première tentative de Néron d’empoisonnement sur Britannicus . Ainsi Néron est un récidiviste. Écoutons s’exprimer Suétone qui n’est pas ici un historien mais simplement un témoin d’époque. Il nous dit:
Suétone a écrit:

Britannicum non minus aemulatione vocis, quae illi jucundior suppetebat, quam metu ne quandoque apud hominum gratiam paterna memoria praevaleret, veneno adgressus est. Quod acceptum a quadam Locusta, venerorum variorum indice, cum opinione tardius cederet ventre modo Britannici moto, accersitam mulierem sua manu verberavit arguens pro veneno remedium dedisse, excusantique minus datum ad occultandam facinoris invidiam: «Sane» inquit, «legem Iuliam timeo,» coegitque se coram in cubiculo quam posset velocissimum ac praesentaneum coquere. Deinde in haedo expertus, postquam is quinque horas protraxit, iterum ac saepius recoctum porcello objecit; quo statim exanimato inferri in triclinium darique cenanti secum Britannico imperavit. Et cum ille ad primum gustum concidisset, comitiali morbo ex consuetudine correptum apud convivas ementitus postero die raptim inter maximos imbres tralaticio extulit funere. Locustae pro navata opera impunitatem praediaque ampla, sed et discipulos dedit.

Ce texte explique que Britannicus qui entre dans sa 14è année et qui peut postuler le pouvoir constitue un danger par le potentiel de vengeance de la mort de son père qu’il représente ("Britannicus parut avec la prétexte, et Néron avec la robe triomphale. Ainsi le peuple romain put les contempler tous deux, revêtus, l'un des habits de l'enfance, l'autre des attributs du commandement, et pressentir à cette vue leurs futures destinées"). Cet argument est tout à fait réaliste. Il explique ensuite que Néron va demander à Locuste de faire une, potion mais celle-ci est administrée en petite quantité (Certes Suétone est un témoin peu objectif lorsqu’il parle de la vie de Néron et cite ses exactions ; mais il est simpliste de condamner tous ses écrits. Là il rapporte le fonctionnement de Locuste célèbre empoisonneuse très crainte à Rome. Sa description purement narrative n’est pas faite pour convaincre 2000 ans plus tard de l’efficacité du poison. Il raconte seulement la méthode utilisée pour rendre ce poison le plus efficace pour "calmer l’impatience de son client".

Affirmer aujourd’hui que la mort ne peut pas être provoquée par un empoisonnement immédiat car ce type de poison rapide n’existe pas à Rome c’est exclure que le poison ait pu aggraver l’épilepsie connue, dont souffre Britannicus et d’‘être la cause directe de la mort par épilepsie provoquée. Inventer tout autre cause connexe n’est que pure spéculation qui ne peut être retenue sans preuve parce que des historien ont des convictions . On n’écrit pas l’histoire avec des convictions, on puise le réaliste en analysant les écrits factuels de l’époque en triant entre le possible et l’irréaliste. La constitution de la potion empoisonnée par Locuste est parfaitement réaliste. La mort par empoissonnement déclencheur d’une crise d’épilepsie l’est tout autant et fait de Néron le récidiviste, un véritable assassin de son demi frère ayant une raison parfaitement plausible et objective de le faire disparaître à l’âge de 13 ans. On ne réhabilite pas les assassins

Donc Monsieur le Président j'en ai fini sur le cas de Britannicus et je vais passer à l’assassinat de la mère de Néron tout aussi plausible pour démonter les tendances meurtrières et violente de cet empereur qui brula Rome, fait que j'aborderai aussi, et que vous ne pouvez réhabiliter , malgré les efforts de la défense , sans torturer l’Histoire. Mais je laisse à la défense le dernier mot sur le premier dossier "britannicus"


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avatarDuncan Idaho
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Jeu 13 Oct - 2:38

Jehol Konmael a écrit:

Donc Monsieur le Président je vais passer à l’assassinat de la mère de Néron tout aussi plausible pour démonter les tendances meurtrières et violente de cet empereur qui brula Rome, fait que j'aborderai aussi, et que vous ne pouvez réhabiliter , malgré les efforts de la défense , sans torturer l’Histoire.

On va parler de Poppée Sabine ? Suspect


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Jehol Konmael
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Jeu 13 Oct - 3:22

Duncan Idaho a écrit:
On va parler de Poppée Sabine ? Suspect
Monsieur l'assesseur Duncan Idaho

Dois-je comprendre par le signe de la grise mine que vousnous présentez que vous avez une prévention contre Poppée , ou bien est-ce une curiosité? Je vais essayer de combler la seconde.

Il y avait en effet à Rome une femme nommée Sabina Poppaea: fille de T. Ollius, elle avait pris le nom de son aïeul maternel Poppaeus Sabinus, dont la mémoire, plus illustre, brillait des honneurs du consulat et du triomphe; car Ollius n'avait pas encore rempli les hautes dignités, quand l'amitié de Séjan le perdit. . Rien ne manquait à Poppée, si ce n'est une âme honnête. Sa mère, qui surpassait en beauté toutes les femmes de son temps, lui avait transmis tout ensemble ses traits et l'éclat de son nom. Ses richesses suffisaient à son rang; son langage était poli, son esprit agréable. Cachant, sous les dehors de la modestie, des mœurs dissolues, elle paraissait rarement en public, et toujours à demi voilée, soit pour ne pas rassasier les regards, soit qu'elle eût ainsi plus de charmes. Prodigue de sa renommée, elle ne distingua jamais un amant d'un époux; indépendante de ses affections comme de celles d'autrui, et portant, où elle voyait son intérêt, ses changeantes amours. Elle était mariée au chevalier romain Rufius Crispinus, dont elle avait un fils, lorsqu'Othon la séduisit par sa jeunesse, son faste, et la réputation qu'il avait d'être le favori le plus aimé de Néron. L'adultère fut bientôt suivi du mariage. C’était ce que nous dirions aujourd’hui être une allumeuse…peut-être même ; une gourgandine . Toujours est-il qu’elle enflamma Néron empêtré avec sa maîtresse Acté, une esclave affranchie….bien qu’il fut toujours marié à Octavie. Voilà bien un gage de fidélité du « Saint Néron » sans doute.

Sa passion pour Poppée devenait chaque jour plus ardente. Cette femme, qui voyait dans la vie d'Agrippine un obstacle à son mariage et au divorce d'Octavie, accusait le prince et le raillait tour à tour, l'appelant un pupille, un esclave des volontés d'autrui, qui se croyait empereur et n'était pas même libre.

Vous l’avez compris Messire Duncan Idaho ce qui devait advenir de cette passion, advint ...contre sa mère Agrippine.

C’est le second dossier qui s’oppose à la réhabilitation de Néron et, Monsieur le Président ,je vais en dresser l’acte d’accusation dès que la défense aura pris le temps de conclure ,si elle le souhaite sur le premier dossier Britaniccus, pour ne pas en faire mélange


Je meurs où je m'attache
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avatarDuc Leto
MessageSujet: Re: AFFAIRE NERON: procès   Jeu 13 Oct - 6:00

Nous concluerons dans l'aprés midi...


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