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    Un peu d'histoire

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    Jehol Konmael

    Statut :
    Localisation : Empire de Sainte-Croix

    Un peu d'histoire

    Message par Jehol Konmael le Jeu 7 Juin - 20:20




    Je meurs où je m'attache
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    Eloy de Tollonie

    Re: Un peu d'histoire

    Message par Eloy de Tollonie le Ven 8 Juin - 0:56

    Le Tableau de Louis XVI est passé entre mes mains... Merci pour ce reportage court mais intéressant.
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    Jehol Konmael

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    Re: Un peu d'histoire

    Message par Jehol Konmael le Mer 29 Aoû - 16:11


    D.



    Louis XVIII, roi de France et de Navarre (1755-1824).

    Jean-Baptiste-Louis GROS.



    Charles X, roi de France (1757-1836).

    François GERARD.



    © Photo RMN - G. Blot

    Titre : Louis XVI , roi de France (1754-1793).

    Auteur : Joseph-Siffred (ou Siffrein) DUPLESSIS (1725-1802)
    Date de création : 1777
    Date représentée : 1777
    Dimensions : Hauteur 227 cm - Largeur 184 cm
    Technique et autres indications : Huile sur toile
    Lieu de Conservation : Musée national du Château de Versailles (Versailles) ; site web
    Contact copyright : Agence photographique de la Réunion des musées nationaux. 254/256 rue de Bercy 75577 Paris CEDEX 12. Courriel : photo@rmn.fr ; site web
    Référence de l'image : 90-000743-02 / MV 7083

    Contexte historique

    Cinquante années de bouleversements politiques

    Entre le portrait de Louis XVI (1776) et celui de Charles X (1825), un demi-siècle s’est écoulé. La Révolution, la Ière
    République puis l’Empire ont radicalement modifié l’image et le rôle du souverain. Les Français se sont familiarisés avec d’autres formes de gouvernement, et la monarchie absolue n’est plus envisageable. Le régicide, souvent vécu comme un parricide, a désacralisé la personne royale. Toutefois, la représentation du roi et de l’empereur reste esthétiquement conforme aux critères qu’a instaurés le portrait de Louis XIV peint par Rigaud (1701). Alors que les régimes sont extrêmement différents, les représentations officielles des souverains successifs demeurent visuellement les mêmes : les conditions et l’exercice du pouvoir ont beaucoup évolué entre 1776 et 1825, mais les codes officiels n’ont pas ou que peu changé. Comme si, précisément, l’image ainsi fixée
    du souverain, si décisive dans l’affirmation et l’exhibition du pouvoir royal, servait à stabiliser symboliquement la nature du pouvoir.

    Ce n’est qu’après la révolution de 1830, quand Louis-Philippe, puis Napoléon III troqueront le grand habit du sacre contre l’uniforme
    militaire, que le portrait royal ou impérial connaîtra une véritable évolution.

    Analyse des images

    Images du pouvoir

    Depuis Louis XIV, les portraits de souverains adoptent les même critères de représentation. Les peintres les plus renommés, au talent éprouvé, sont chargés de les exécuter : Joseph-Siffrède Duplessis (1725-1802) pour Louis XVI, François Gérard (1771-1837) pour Napoléon Ier et Charles X, Antoine-Jean Gros (1770-1835) pour Louis XVIII. Les toiles employées sont de grande dimension, en moyenne plus de 2 mètres de hauteur pour 1,50 mètre de largeur, ce qui confère grandeur et majesté au monarque qui domine le spectateur.

    Représenté en pied et de trois quarts de manière à présenter la plus grande partie de sa personne, le souverain est revêtu du grand costume du sacre et du manteau doublé d’hermine en velours bleu fleurdelisé pour les rois, pourpre à semis d’abeilles d’or pour Napoléon Ier.
    Si Louis XVI, monarque absolu, semble se désintéresser du spectateur, Louis XVIII, Charles X, quoique plus distant et hautain, et Napoléon le regardent et se présentent comme des souverains protecteurs qui se tournent vers leurs sujets. Les décorations les plus prestigieuses ornent leur poitrine : grand collier du Saint-Esprit pour Louis XVI, Charles X et Louis XVIII qui arbore également l’ordre de Saint-Michel et la Jarretière anglaise ; collier de la Légion d’honneur nouvellement créée pour l’empereur.

    Le sceptre est tenu dans la main droite sauf pour Louis XVI. Les Regalia, couronne fermée et main de justice, reposent sur un tabouret placé à gauche. La main de justice est absente dans le portrait de Duplessis (Louis XVI) et la couronne fermée est remplacée par un globe (orbe) aux côtés de Napoléon. Si le trône demeure dans le fond, sa facture est différente d’un tableau à l’autre. Louis XVI se fait représenter auprès d’un simple, quoique très luxueux fauteuil ; le meuble de Jacob-Desmalter, dossier rond et tors de lauriers, est bien visible derrière Napoléon ; le trône de Louis XVIII s’orne des armes de France et de Navarre couronnées et entourées de rayons solaires ; celui de Charles X présente des montants sculptés en forme de buste de lion ailé.

    Interprétation

    Permanence des codes de représentation

    En fixant la cour à Versailles, Louis XIV rompt avec la tradition des cours itinérantes. La diffusion des images du souverain, peintures, sculptures, gravures, devient essentielle. Si les portraits « en majesté » postérieurs à 1774 sont visuellement similaires, certains détails mettent en lumière les personnalités et les particularismes des différents règnes.

    La place et l’importance accordées aux Regalia sont particulièrement significatives. Dans le portrait de Duplessis, Louis XVI occupe le premier plan. Sa personne et sa légitimité sont les garants de son pouvoir. La monarchie absolue n’est pas encore remise en
    question, et l’héritier de Louis XIV, roi de droit divin, ne ressent pas la nécessité d’affermir son pouvoir.

    Les choses sont tout à fait différentes pour Napoléon, qui cherche à asseoir sa nouvelle dynastie.
    Héritier de la Révolution, il s’appuie sur deux traditions : l’Ancien Régime (abeilles de Charlemagne, utilisation du sacre) et la Rome
    antique (couronne de lauriers, aigles). Le globe et la main de justice sont placés à sa droite très légèrement en retrait ; parvenu au pouvoir par sa seule valeur, il est le véritable garant de l’Empire. Toutefois, Napoléon s’inscrit dans une lignée historique qui le rattache aux rois de France tout en se démarquant par le choix de nouveaux symboles.

    Louis XVIII, pourtant fort de sa légitimité, accepte le principe d’une monarchie constitutionnelle. Les Regalia sont placés au premier plan, sur la même ligne que le roi ; les armes de France et de Navarre sont parfaitement visibles au-dessus du sceptre.

    Quant à Charles X, il opère un retour en arrière et tente de renouer avec la monarchie d’Ancien Régime. Contrairement à Louis XVI, il doit convaincre et imposer sa dignité en renforçant l’image royale. La couronne est placée au premier plan. Symbole premier de la dignité royale, elle est le soutien du monarque qui s’appuie dessus. Le trône fait également office de pilier. Les Regalia forment le support du nouveau règne soutenu par le clergé et la fraction ultra de la noblesse.

    L’aura de la personne royale s’est modifiée. Les Regalia, devenus accessoires à la fin de l’Ancien Régime, sont remis en valeur. Leur
    symbolique, sacralité et pouvoir royal, est utilisée pour soutenir les nouveaux règnes fragilisés par la diffusion des idées démocratiques et républicaines.


    Auteur : Delphine DUBOIS
    Source: http://www.histoire-image.org/site/etude_comp/etude_comp_detail.php?i=669



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